Le 27 novembre sera désormais consacré chaque année à la lutte contre le mariage des enfants, le mariage précoce et le mariage forcé. À travers une résolution adoptée avec le soutien des 193 États membres, l’Assemblée générale des Nations unies veut faire de cette date un temps fort de sensibilisation et de mobilisation à l’échelle mondiale.
Portée notamment par la Sierra Leone, le Cap-Vert, le Costa Rica et le Maroc, la résolution rappelle que ces pratiques constituent des atteintes aux droits humains. Les femmes et les filles, particulièrement celles en situation de vulnérabilité, en sont les principales victimes.
Selon les chiffres cités de l’UNICEF, environ 12 millions de filles sont mariées chaque année avant l’âge de 18 ans. À l’échelle mondiale, quelque 650 millions de femmes et de filles actuellement en vie ont été mariées durant leur enfance.
Les unions informelles également concernées
L’ONU appelle les États à ne pas limiter leurs politiques aux mariages officiellement enregistrés. Les unions informelles, arrangées ou non déclarées auprès des autorités doivent également être prises en compte dans les stratégies de prévention et d’élimination du phénomène.
La nouvelle journée internationale doit ainsi servir de cadre à une mobilisation associant gouvernements, organisations de la société civile, responsables religieux, établissements scolaires et communautés.
L’objectif est d’accélérer les politiques publiques et de renforcer les actions en faveur de la santé, de l’éducation et de la protection de l’enfance.
« Nous accueillons un mandat mondial d’action », a déclaré Fatima Maada Bio, Première dame de Sierra Leone et présidente de l’Organisation des Premières Dames africaines pour le développement (OAFLAD). Elle a appelé les dirigeants à garantir aux filles la possibilité de choisir leur avenir et de développer pleinement leur potentiel.
L’éducation au cœur de la lutte
La résolution fait de l’éducation et de l’autonomisation des filles des leviers essentiels pour combattre les mariages précoces. Les États sont encouragés à mettre en place des stratégies nationales impliquant plusieurs secteurs, à partager leurs expériences et à investir dans une éducation de qualité accessible à toutes.
Le texte insiste également sur la nécessité d’offrir aux filles déjà mariées la possibilité de poursuivre ou de reprendre leur scolarité. Une mesure destinée à leur permettre de retrouver des perspectives personnelles et économiques après un mariage précoce.
Car les conséquences de ces unions vont bien au-delà de la vie conjugale. Elles peuvent entraîner l’abandon de l’école, accroître les risques sanitaires liés notamment aux grossesses précoces, réduire les possibilités d’insertion économique et limiter l’accès à plusieurs droits fondamentaux.
Un objectif fixé à 2030
L’initiative bénéficie également du soutien de Bhuwan Ribhu, fondateur du réseau international Just Rights for Children, qui appelle les gouvernements à renforcer leurs politiques afin d’éliminer le mariage des enfants d’ici à 2030.
Selon son organisation, plus de 550 000 mariages d’enfants auraient été prévenus ou interrompus depuis 2023 grâce à ses actions.
Avec l’instauration du 27 novembre comme journée internationale, l’ONU entend donc donner davantage de visibilité à un phénomène qui touche des millions de filles dans le monde. Une journée qui devra surtout servir de rappel aux États et encourager des mesures concrètes pour prévenir ces unions, protéger les enfants et garantir aux filles le droit de choisir leur avenir.
