Les relations entre Washington et les autorités soudanaises connaissent un nouvel épisode de tension. Les États-Unis n’avaient toujours pas délivré, mardi 22 septembre 2026, le visa d’entrée du général Abdel Fattah al-Burhan, attendu à New York pour participer à l’Assemblée générale des Nations unies.
Selon Reuters, cette situation serait liée à la proposition américaine d’un cessez-le-feu de 90 jours au Soudan. Des sources soudanaises et un analyste occidental proches du dossier affirment que Washington aurait conditionné la délivrance du visa à l’acceptation de cette proposition portée par Massad Boulos, conseiller américain pour les affaires arabes et africaines.
Face à cette situation, l’ambassadeur du Soudan auprès des Nations unies, Al-Harith Idriss Al-Harith, a demandé l’intervention du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.
Dans une lettre datée du 21 septembre, le diplomate estime que l’absence de visa empêcherait le chef du Conseil de souveraineté de représenter personnellement son pays devant l’Assemblée générale. Le secrétariat de l’ONU a confirmé avoir pris contact avec les autorités américaines.
Antonio Guterres s’est dit « profondément préoccupé » par le fait que le visa d’al-Burhan n’avait toujours pas été délivré, selon son porte-parole Stéphane Dujarric.
Le Soudan refuse un cessez-le-feu imposé
Khartoum affirme soutenir les efforts de paix, mais rejette ce qu’il considère comme une démarche imposée de l’extérieur. Selon des sources citées par Reuters, Abdel Fattah al-Burhan souhaite que toute proposition de cessez-le-feu puisse être discutée et éventuellement modifiée.
L’armée soudanaise avait déjà exprimé des réserves à l’égard du plan américain au cours de l’été. Le chef de l’armée a par ailleurs défendu l’idée que les précédentes pauses dans les combats avaient notamment permis aux Forces de soutien rapide de se réorganiser.
Alors que l’incertitude persiste autour du déplacement d’al-Burhan, le ministre soudanais des Affaires étrangères, Mohieldin Salem, pourrait finalement prononcer le discours prévu à l’ONU à la place du dirigeant soudanais. Une source soudanaise citée par Reuters indique que cette option est envisagée.
Cette nouvelle crise s’inscrit dans un conflit qui, depuis avril 2023, oppose l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide. Le conflit a provoqué le déplacement de plus de 14 millions de personnes et plongé le pays dans l’une des crises humanitaires les plus graves au monde, selon les Nations unies.
