Ghana : John Mahama ordonne le recrutement de 1 200 agents pour lutter contre le trafic de drogue

Le Ghana veut renforcer son dispositif de lutte contre le trafic de stupéfiants. Quelques jours après la saisie en France de près de 3,9 tonnes de cocaïne dans un conteneur en provenance du port de Tema, le président John Mahama a donné son feu vert au recrutement de 1 200 agents supplémentaires pour l’agence nationale de lutte contre la drogue.

L’annonce a été faite jeudi par James Agalga, chef de la majorité parlementaire, alors que six personnes comparaissaient devant la justice ghanéenne dans le cadre de cette affaire. Parmi les prévenus figurent quatre agents liés aux services douaniers, soupçonnés d’avoir facilité l’acheminement des conteneurs.

L’affaire remonte au 10 septembre, lorsque les douaniers français ont découvert à Dunkerque 167 ballots de cocaïne dissimulés dans un conteneur présenté comme transportant des déchets plastiques. La cargaison avait quitté le port de Tema, au Ghana.

Au Ghana, l’homme chargé de l’expédition ainsi que le propriétaire présumé de la marchandise sont poursuivis pour exportation illégale de stupéfiants. Quatre agents des douanes sont également accusés d’avoir facilité le départ des conteneurs.

Selon l’accusation, les images fournies par les scanners du port de Tema révélaient pourtant certaines anomalies. Malgré ces éléments, les conteneurs auraient quitté le port sans faire l’objet d’une inspection supplémentaire.

La NACOC de nouveau associée aux contrôles

Pour James Agalga, cette affaire pose la question de l’organisation des contrôles dans les ports ghanéens. Le responsable parlementaire a notamment rappelé qu’en 2018, la NACOC, l’agence ghanéenne chargée de la lutte contre les stupéfiants, avait cessé de participer systématiquement aux inspections physiques des conteneurs.

La NACOC a depuis été réintégrée dans le dispositif et participe désormais aux inspections conjointes dans les ports. Le gouvernement entend aussi renforcer la réponse judiciaire. James Agalga a annoncé la mise en place prochaine d’une juridiction spécialisée dans les affaires liées aux stupéfiants.

Les six personnes poursuivies ont comparu jeudi devant la justice. Leurs avocats affirment que leurs clients ont coopéré avec les enquêteurs et ont demandé une nouvelle fois leur remise en liberté, après un premier refus. Le tribunal doit se prononcer sur cette demande mardi 29 septembre.

En attendant, l’affaire continue de susciter de nombreuses interrogations au Ghana sur les contrôles effectués au port de Tema et sur les éventuelles défaillances qui auraient permis à une cargaison de plusieurs tonnes de cocaïne de quitter le pays.

Rejoignez notre chaîne WhatsApp et recevez l’actualité en temps réel.

Partager :

Plus d'actualités

Articles Populaires