Restitution : le Bénin réclame le dieu Gou et 34 autres biens culturels à la France

Le dossier des restitutions culturelles revient au cœur des relations entre Cotonou et Paris. Reçu lundi 5 octobre à l’Élysée par Emmanuel Macron, le président béninois Romuald Wadagni a officiellement demandé à la France le retour de 35 biens culturels conservés dans ses collections. Parmi les pièces les plus emblématiques figure la statue du dieu Gou, conservée au musée du Louvre.

La liste transmise par le Bénin comprend plusieurs pièces liées à l’histoire des anciens royaumes du Dahomey et de Porto-Novo. La statue du dieu Gou, divinité associée au fer, à la forge et à la guerre, occupe une place particulière dans cette nouvelle demande. Emportée lors de la conquête du royaume du Dahomey en 1892, elle est aujourd’hui conservée au Louvre. Cotonou avait déjà demandé son retour sous la présidence de Patrice Talon.

Le Bénin réclame également un plateau de divination en bois sculpté, conservé au musée du Quai Branly, ainsi que le trône du roi Toffa de Porto-Novo. D’autres objets et fonds d’archives figurent aussi dans la demande adressée à Paris.

Après les 26 trésors d’Abomey

Cette nouvelle démarche s’inscrit dans la continuité de la restitution obtenue en novembre 2021. À cette époque, la France avait remis au Bénin 26 trésors royaux provenant notamment du royaume d’Abomey. Ces pièces avaient été emportées en 1892 lors de la conquête du Dahomey et étaient conservées au musée du Quai Branly.

Le retour de ces œuvres avait constitué une étape majeure dans la politique de récupération du patrimoine béninois. Mais plusieurs pièces emblématiques étaient restées en France, parmi lesquelles le dieu Gou et le plateau de divination aujourd’hui réclamés de nouveau par Cotonou.

Cette nouvelle requête du Bénin s’inscrit dans un cadre juridique qui a évolué en France. Le Parlement français a adopté en mai 2026 une loi-cadre destinée à faciliter la restitution de biens culturels dont l’appropriation est considérée comme illicite. Le texte permet de traiter plus directement les demandes formulées par des États étrangers, tout en maintenant le principe d’inaliénabilité des collections publiques françaises.

Au Bénin, le dossier fait également l’objet d’un travail scientifique et juridique. Un comité a été chargé de consolider les éléments historiques et patrimoniaux nécessaires à l’examen des 35 demandes.

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