Guinée-Bissau : le gouvernement juge impossible l’élection prévue le 6 décembre

Le scrutin présidentiel et législatif prévu le 6 décembre en Guinée-Bissau semble désormais compromis. Le Premier ministre de transition, Ilídio Vieira Té, a estimé jeudi 8 octobre que les conditions nécessaires à la tenue des élections n’étaient pas réunies.

« Il n’y a pas de conditions pour organiser des élections à cette date », a déclaré le chef du gouvernement à Bissau, à l’issue d’une audience avec le président de la transition, le général Horta Inta-a.

Selon lui, plusieurs étapes du calendrier électoral n’ont pas été respectées, ce qui rendrait impossible l’organisation du double scrutin à la date initialement retenue.

Ilídio Vieira Té a notamment évoqué les délais liés au dépôt des candidatures. « Les partis auraient déjà dû déposer leurs candidatures auprès de la Cour suprême de justice et, jusqu’au 6 de ce mois, cette procédure n’a pas été respectée », a-t-il expliqué, cité par le journal local O Democrata GB.

Le Premier ministre a également pointé les difficultés internes rencontrées par plusieurs formations politiques. Selon lui, certaines disposent d’organes dirigeants arrivés au terme de leur mandat et n’ont pas encore organisé les congrès nécessaires à leur renouvellement.

Ces retards compromettent, selon le gouvernement de transition, la poursuite du processus électoral dans les délais prévus.

Un calendrier pourtant arrêté depuis janvier

Cette nouvelle position intervient alors que la date du 6 décembre avait été officiellement fixée par un décret du 21 janvier 2026. À l’époque, les autorités estimaient que les conditions étaient réunies pour organiser des élections libres et transparentes.

Encore fin septembre, à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, Ilídio Vieira Té avait défendu la tenue d’un scrutin « inclusif, libre, transparent et crédible » à cette date.

Mais, depuis plusieurs semaines, l’opposition exprimait ses réserves sur la faisabilité du calendrier. Le 6 octobre, à Lisbonne, Domingos Simões Pereira, président de l’Assemblée nationale populaire et chef du PAIGC, avait estimé que le 6 décembre était « impraticable ».

Selon lui, les délais ne permettaient pas de préparer correctement le scrutin et les conditions politiques n’étaient pas réunies. Il dénonçait notamment l’interdiction faite aux partis politiques de mener leurs activités, qui empêcherait de facto l’organisation d’une campagne électorale.

Le constat du gouvernement de transition vient donc renforcer les interrogations sur la suite du calendrier politique en Guinée-Bissau. Aucune nouvelle date n’a, pour l’heure, été annoncée pour les élections présidentielle et législatives.

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