Énergie en Guinée : à quoi sont affectés les milliards générés par Kaléta et Souapiti ?

En Guinée, les revenus tirés de la vente d’électricité produite par les barrages de Kaléta et de Souapiti à des pays de la sous-région servent principalement à financer l’entretien des centrales de l’Électricité de Guinée (EDG). C’est ce qu’a indiqué la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, lors des débats autour de l’examen de la Loi de finances rectificative 2026.

Interpellée par les députés sur la destination de ces recettes, la ministre a expliqué que les exportations d’électricité s’inscrivent dans le cadre du partenariat d’interconnexion énergétique entre la Guinée et ses voisins.

« Les pays paient bien, même s’il y a des arriérés. La Guinée aussi paie avec des arriérés. Ce partenariat a pour objectif de permettre non seulement à la Guinée, mais aussi aux autres pays, de bénéficier de cette interconnexion. Les recettes sont majoritairement utilisées pour l’entretien des centrales de l’EDG », a-t-elle précisé.

Les dettes de Souapiti au centre des explications

Les discussions ont également porté sur le financement des deux infrastructures. Le député Ibrahima Abé Sylla, ancien ministre de l’Énergie, est revenu sur les modalités de réalisation du barrage de Kaléta. Selon lui, l’État guinéen a pris en charge 40 % du coût de l’infrastructure, tandis que le financement du reste a reposé sur un crédit chinois d’un milliard de dollars.

L’ancien ministre a ensuite évoqué le montage financier du barrage de Souapiti, dont la capacité est estimée à environ 350 à 360 mégawatts. Il affirme que Kaléta a servi de garantie pour obtenir le financement de ce second projet.

« La Guinée n’avait pas d’argent. Donc, Kaléta a été pris comme gage pour réaliser Souapiti. Et c’est ce qui nous rattrape jusqu’aujourd’hui », a-t-il déclaré.

Selon Ibrahima Abé Sylla, le pays doit encore mobiliser d’importantes ressources pour régler les dettes liées à Souapiti et parvenir à une maîtrise totale de la centrale. Il estime le besoin de financement à environ un milliard de dollars.

« Il faut payer les dettes pour avoir Souapiti à 100 % guinéen. C’est une centrale d’environ 360 mégawatts. Il faut l’aménager et récupérer son argent, parce que ce sont des recettes importantes qui peuvent rentrer dans les caisses de l’État », a-t-il expliqué.

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