
La justice kényane a condamné, vendredi 6 novembre 2026, le pasteur autoproclamé Paul Mackenzie à 200 ans de prison pour le meurtre de 190 enfants et d’un adulte dans la forêt de Shakahola, en 2023. La Haute Cour de Mombasa a également prononcé des peines de réclusion à perpétuité contre ses 28 coaccusés.
Le chef de la secte Good News International échappe ainsi à la peine de mort, pourtant réclamée par le parquet en début de semaine. La juge a justifié ce choix par la doctrine prêchée par Paul Mackenzie, selon laquelle la mort permettrait de rejoindre Jésus. Une exécution aurait donc pu être perçue par lui comme une forme de délivrance. « Or, des comptes doivent être rendus », a-t-elle déclaré.
Dans son jugement, la magistrate a détaillé les éléments retenus contre le gourou et ses complices. Elle a notamment évoqué la planification du massacre, sa mise en œuvre sur une longue période, la vulnérabilité des victimes, dont de nombreux enfants et des femmes, ainsi que les actes de violence et de torture. La dissimulation des dépouilles a également pesé dans l’appréciation des faits.
Au cours des plaidoiries, Paul Mackenzie avait demandé à la cour de faire preuve de « clémence et d’indulgence ». Par la voix de son avocat, il avait exprimé ses regrets pour les pertes humaines et matérielles. La juge lui a opposé une réponse ferme : « Pour cette folie, il n’y aura pas de miséricorde ».
L’avocat annonce un recours
La condamnation à 200 ans de prison intervient dans un pays où la réclusion à perpétuité constitue aujourd’hui la peine maximale en pratique. Le Kenya applique en effet un moratoire de fait sur la peine capitale. Aucune exécution n’y a eu lieu depuis près de quarante ans.
L’avocat de Paul Mackenzie, maître Obonyo, a déjà annoncé son intention de faire appel du verdict.
L’affaire remonte à 2023, lorsque les autorités ont découvert des centaines de corps dans des fosses communes de la forêt de Shakahola, dans le comté de Kilifi, sur la côte kényane. Paul Mackenzie, qui dirigeait une communauté religieuse installée dans cette zone, exhortait ses adeptes à pratiquer un jeûne extrême afin de rejoindre Jésus. Au total, plus de 430 dépouilles ont été retrouvées dans cette forêt, dans l’un des pires drames liés à une secte qu’ait connus le Kenya.
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