Lutte contre les flux illicites : le Bénin améliore son profil de risque

Le Bénin affiche une amélioration de son profil global de risque en matière de blanchiment de capitaux. C’est l’un des principaux enseignements de la deuxième Évaluation nationale des risques (ENR), présentée jeudi 10 septembre à Cotonou lors d’un atelier national de diffusion des résultats.

Réalisée avec l’appui de la Coopération allemande (Giz), à travers le Projet Réforme cofinancé par l’Union européenne, cette nouvelle évaluation actualise le précédent rapport publié en 2018. Elle porte sur les risques liés au blanchiment de capitaux, au financement du terrorisme et au financement de la prolifération des armes de destruction massive.

La comparaison avec l’évaluation de 2018 fait ressortir une amélioration du niveau global de risque lié au blanchiment de capitaux. La situation est toutefois moins favorable concernant le financement du terrorisme, dont la menace apparaît en hausse.

Autre évolution relevée par le rapport, l’évaluation du risque lié au financement de la prolifération des armes de destruction massive est désormais jugée moyenne. Pour Nicolas Yènoussi, ministre chargé des Finances et de la Microfinance, ces résultats témoignent des progrès réalisés, mais ne doivent pas conduire à relâcher les efforts.

Plusieurs vulnérabilités demeurent, notamment l’importance des transactions en espèces, le poids du secteur informel et l’intensité des flux transfrontaliers. Le ministre cite également les enjeux liés à la qualité des données, à la transparence ainsi qu’à l’efficacité des contrôles et des sanctions.

Il appelle ainsi les acteurs concernés à faire de la Stratégie nationale de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et de la prolifération (LBC/FT/FP) 2026-2030, ainsi que de son plan d’actions, de véritables outils de pilotage.

Les acteurs appelés à renforcer leurs dispositifs

La Coopération allemande réaffirme, de son côté, son soutien au dispositif béninois. Rike Sohn, cheffe de la Coopération de l’ambassade d’Allemagne au Bénin, estime que la lutte contre les flux financiers illicites dépasse la seule question de la conformité aux standards internationaux.

Selon elle, ces flux privent les États de ressources nécessaires au financement des services publics, perturbent la concurrence et peuvent fragiliser la confiance des investisseurs et des partenaires internationaux.

Les échanges organisés à Cotonou ont notamment porté sur le renforcement des capacités, la surveillance fondée sur les risques, l’efficacité des contrôles et l’application des sanctions. Le partage d’informations entre administrations et le recours aux technologies pour améliorer la traçabilité des transactions figurent également parmi les priorités.

Banques, institutions de microfinance, compagnies d’assurances, mais aussi notaires, avocats et agents immobiliers sont appelés à actualiser leur cartographie des risques, renforcer leurs procédures et améliorer la qualité de leurs déclarations.

Cap sur l’évaluation de 2028

Cette mobilisation intervient à deux ans de la prochaine évaluation mutuelle du Bénin par le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba), prévue en 2028. Pour les autorités béninoises, l’enjeu est désormais de transformer les conclusions de l’ENR en mesures concrètes et durables.

« La prévention du blanchiment et du financement du terrorisme doit devenir une culture partagée », rappelle Nicolas Yènoussi. L’objectif affiché est de permettre à l’économie nationale de poursuivre sa croissance sans laisser les risques liés aux flux financiers illicites progresser au même rythme.

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