Le député UDR Charles Alloncle a dévoilé ce mardi son rapport sur l’audiovisuel public. Constat sans appel, le système est « en crise ». Pour y remédier, l’élu propose 70 recommandations radicales, avec un double objectif, celui de renforcer la neutralité des médias publics et de réaliser jusqu’à un milliard d’euros d’économies. Après six mois de travaux parfois houleux, les 400 pages du document suscitent déjà la polémique. La gauche, qui avait tenté d’en bloquer la diffusion, dénonce une entreprise de déstabilisation.
Premier axe du rapport, la neutralité. Charles Alloncle exhorte les salariés de l’audiovisuel public à la plus grande vigilance dans leurs « expressions publiques à caractère politique », notamment sur les réseaux sociaux. Il réclame une grille de sanctions et l’insertion d’une clause de neutralité dans tous les contrats. Pour garantir le pluralisme, il propose de remplacer les éditorialistes par des voix issues de la « presse privée d’opinion », ce qui va permettre aux auditeurs de mieux identifier leur ligne éditoriale.
Autres mesures phares, la publication mensuelle de la liste des invités politiques et des thèmes abordés, et la généralisation des formations obligatoires à la déontologie pour l’ensemble des personnels journalistiques.
Médias publics : fusion et suppression en cascade
Côté structures, le rapport taille dans le vif. Charles Alloncle préconise la suppression de « Slash », la plateforme jeunesse de France Télévisions, qu’il accuse de diffuser « des contenus militants, incompatibles avec les missions du service public ». Il propose également la fusion de France Info et France 24, pour une économie de 20 millions d’euros, et la fusion de France 2 et France 5, afin de créer une grande chaîne généraliste de référence. Économie attendue, 200 millions d’euros par an. Enfin, les réseaux France 3 Régions et ICI (ex-France Bleu) devraient fusionner, dégageant environ 138 millions d’économies.
Le député UDR ne s’arrête pas là. Il suggère de réduire des trois quarts le budget consacré aux jeux et divertissements (122,1 millions d’économies) et d’un tiers celui des sports (près de 50 millions d’économies).
Objectif final, réaliser 1 milliard d’économies par an. Alloncle défend un contrôle quinquennal de l’audiovisuel public par la Cour des comptes, ainsi que la publication annuelle d’un rapport détaillé sur les rémunérations. Ce milliard, dit-il, servirait à doubler les crédits dédiés à l’entretien du patrimoine et à désendetter l’État pour les 500 millions restants. Un rapport qui promet d’agiter encore longtemps le paysage médiatique français.

