Bénin : les détenteurs de diplômes de santé non reconnus doivent se faire recenser avant le 23 mai

Au Bénin, le ministère béninois de la Santé a lancé un recensement des titulaires de diplômes de formations en santé obtenus depuis 2011 dans des établissements privés étrangers ne figurant pas sur la liste officielle des institutions reconnues d’office, en application du décret n°2025-090 du 19 février 2025. La date limite d’inscription est fixée au samedi 23 mai 2026.

L’opération a été annoncée par communiqué signé du ministre de la Santé Benjamin Hounkpatin. Le texte invite les personnes concernées à remplir un formulaire en ligne hébergé sur la plateforme KoboToolbox. Selon le ministère, l’opération s’inscrit dans la préparation de la mise en œuvre des dispositions transitoires d’obtention d’équivalence prévues par le décret de février 2025, et vise à constituer une base de données fiable des diplômés en attente de reconnaissance.

Un contentieux récurrent

La reconnaissance des diplômes obtenus dans des écoles privées étrangères constitue depuis plusieurs années un point sensible du secteur béninois de la santé. De nombreux jeunes Béninois ont entrepris leur formation dans des établissements privés ouest-africains (Togo, Burkina Faso, Niger, Côte d’Ivoire, Sénégal) ainsi que dans certains pays du Maghreb et d’Asie, en raison de la sélectivité de l’offre publique nationale. À leur retour, plusieurs se sont heurtés à des difficultés d’intégration, faute d’équivalence formelle, certains exerçant en marge du cadre officiel.

Le décret de 2025 distingue désormais deux catégories de diplômes étrangers : ceux issus d’établissements figurant sur la liste officielle des institutions reconnues d’office par l’État béninois, directement éligibles à la demande d’équivalence, et ceux issus d’écoles non listées, soumis à une procédure transitoire spécifique. Le recensement en cours concerne exclusivement la seconde catégorie.

Le gouvernement de Patrice Talon a engagé depuis 2016 une réforme d’ensemble du secteur de la santé, marquée par la construction de nouveaux centres hospitaliers, la professionnalisation du recrutement des soignants et le renforcement de l’ANRACS. Le ministère de la Santé est dirigé depuis 2017 par Benjamin Hounkpatin, l’un des ministres les plus stables du gouvernement Talon, dont le mandat s’achève le 24 mai avec l’investiture du nouveau président élu Romuald Wadagni. La fenêtre de recensement se referme la veille de cette passation.

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