Au Nigéria, un tribunal fédéral d’Abuja a ordonné, le 15 juin 2026, à la Commission électorale nationale indépendante (INEC) de radier cinq partis politiques, dont le Congrès démocratique africain (ADC), l’une des principales formations d’opposition. Cette décision pourrait bouleverser le paysage politique à moins d’un an de l’élection présidentielle prévue en janvier 2027.
Dans son jugement, la Haute Cour fédérale a estimé que ces partis n’avaient pas atteint les seuils électoraux exigés par la loi lors des précédents scrutins. Selon les plaignants, regroupés au sein du Forum national des anciens législateurs, certaines formations ne remplissent plus les conditions constitutionnelles leur permettant de conserver leur enregistrement officiel.
La plainte demandait à l’INEC de retirer immédiatement ces partis du registre électoral et de les empêcher de participer aux futures élections. Si cette décision est appliquée, elle pourrait entraîner une vague de disqualifications avant les élections générales de 2027 ainsi que lors de plusieurs scrutins régionaux à venir.
Parmi les personnalités directement concernées figure Atiku Abubakar. L’ancien vice-président, arrivé deuxième à la présidentielle de 2023 avec 29 % des voix, venait d’être investi candidat de l’ADC pour la prochaine élection. Son parti a également désigné Rotimi Amaechi comme colistier.
La décision judiciaire menace également les ambitions de Ademola Adeleke, qui prévoit de briguer un nouveau mandat sous les couleurs du parti Accord.
Face à cette décision, les partis visés ainsi que l’INEC ont exprimé leur désaccord. L’ADC et Accord accusent notamment le parti au pouvoir, All Progressives Congress (APC), de chercher à affaiblir l’opposition et de vouloir transformer le Nigeria en « État à parti unique ».
