Sénégal : 500 000 FCFA et 300 000 FCFA, les « prêts Tabaski » des députés font polémique

Au Sénégal, une nouvelle controverse secoue l’Assemblée nationale autour de ce qui est désormais appelé les « prêts Tabaski ». Selon des informations rapportées par Le Quotidien, la Questure du Parlement aurait mis en place un mécanisme d’avances financiers à destination des députés, accessibles via des transferts mobiles.

D’après le protocole relayé par le journal, les parlementaires qui souhaitent bénéficier de ces avances doivent transmettre leur numéro Orange Money ainsi que leurs identités. La procédure est décrite comme particulièrement rapide et peu formalisée.

Le message adressé aux élus indique notamment : « Tous ceux qui désirent emprunter de l’argent peuvent envoyer leur numéro de téléphone Orange Money, plus les prénom et nom ».

Des plafonds fixés selon les situations

Le dispositif prévoit deux niveaux d’avances. Les députés n’ayant pas bénéficié d’un appui lors de la Korité peuvent obtenir jusqu’à 500 000 FCFA, tandis que ceux ayant déjà un encours seraient limités à 300 000 FCFA.

Il suffirait ensuite aux intéressés de préciser le montant souhaité pour recevoir les fonds directement sur leur téléphone mobile, via transfert numérique.

Déjà éprouvées par les débats sur les avantages des élus (en particulier la polémique autour des véhicules de fonction des députés), les institutions parlementaires voient leurs pratiques en matière de privilèges à nouveau questionnées avec cette affaire.

Pour plusieurs observateurs cités par Le Quotidien, ce mécanisme d’avances financiers interroge par sa forme et sa simplicité, certains allant jusqu’à le comparer à une gestion informelle de type « microcrédit » ou « tontine ».

Un contraste avec le discours de rupture

La polémique se charge d’une dimension politique d’autant plus forte que les nouvelles autorités s’étaient engagées à plus de transparence, à une gestion publique plus rigoureuse et à une diminution des privilèges.

Pour une partie de l’opinion, cette affaire donne l’impression d’une continuité avec certaines pratiques anciennes, loin des engagements de réforme et de moralisation de la vie publique.

Alors que les réactions se multiplient, aucune communication officielle détaillée n’a encore été faite pour clarifier la nature exacte de ces avances et leur encadrement juridique.

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