Sénégal : les députés pourront perdre leur mandat après dix absences injustifiées

Le Sénégal durcit le ton contre l’absentéisme parlementaire. L’Assemblée nationale a adopté, vendredi 8 mai, une nouvelle loi qui renforce les sanctions contre les députés absents de manière répétée et sans justification.

Le texte a été approuvé à une large majorité, avec 127 voix pour, 3 contre et 2 abstentions. Portée par le parti au pouvoir, Pastef, la réforme prévoit désormais une radiation automatique après dix absences injustifiées aux séances plénières.

Jusqu’ici, l’article 118 du règlement intérieur prévoyait déjà la suspension de l’indemnité parlementaire, ainsi que la possibilité de déclarer un député démissionnaire d’office. Mais selon les promoteurs du texte, ces dispositions restaient peu appliquées et nécessitaient davantage de clarté.

Pour Ayib Daffé, cette réforme introduit un système de sanctions progressives. Dès quatre absences non justifiées, un député pourra faire l’objet d’un rappel à l’ordre, avant d’éventuelles sanctions financières puis, en dernier recours, la perte de son mandat.

L’opposition, elle, affiche ses réserves. Le député Cheikh Ahmed Tidiane Youm estime que l’Assemblée nationale ne dispose pas du pouvoir de retirer un mandat à un élu. Selon lui, la gestion de l’absentéisme relève avant tout de la responsabilité politique des groupes parlementaires.

Même position critique pour Thierno Alassane Sall, qui juge la réforme « populiste ». Il considère que le pays devrait prioritairement débattre de questions plus urgentes, notamment la dette publique et les choix économiques du gouvernement.

Les partisans de la loi défendent toutefois une mesure destinée à renforcer la discipline institutionnelle et à garantir une meilleure implication des élus dans le travail parlementaire.

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