À quelques jours du lancement officiel de la concertation nationale, les membres du gouvernement malgache ont été appelés à s’expliquer devant les députés. Réunis à l’Assemblée nationale, les ministres ont répondu aux préoccupations des élus sur plusieurs sujets sensibles qui affectent le quotidien des populations.
Les échanges ont principalement porté sur les coupures récurrentes d’eau et d’électricité, les questions de sécurité ainsi que le fonctionnement de la justice. Ce premier exercice de redevabilité du gouvernement de la « Refondation » intervient dans un contexte où les attentes de la population demeurent fortes face aux difficultés socio-économiques du pays.
À Tsimbazaza, siège de l’Assemblée nationale, plusieurs dizaines de députés ont pris la parole pour relayer les préoccupations de leurs électeurs. Pour certains parlementaires, cette séance constitue un outil essentiel de contrôle de l’action gouvernementale et un symbole du fonctionnement démocratique des institutions.
Le député Seth Rajoelina a notamment souligné l’importance de ce dialogue direct entre le gouvernement et les représentants du peuple. Selon lui, les citoyens attendent des réponses concrètes aux difficultés qu’ils rencontrent au quotidien et comptent sur leurs élus pour porter leurs revendications.
D’autres voix se montrent cependant plus critiques. Le député Antoine Rajerison estime que cet exercice parlementaire reste souvent formel et ne garantit pas nécessairement une prise en compte effective des préoccupations soulevées par les élus. Il a notamment regretté ce qu’il considère comme des insuffisances dans la conduite du processus de « Refondation » engagé par les autorités.
Au total, treize ministres sur les vingt-sept membres du gouvernement étaient attendus devant les parlementaires durant les séances organisées vendredi et samedi. Ces auditions précèdent de quelques jours le lancement de la concertation nationale, présentée par le pouvoir comme une étape clé pour définir les orientations politiques et institutionnelles du pays.
Ce face-à-face entre l’exécutif et le législatif apparaît ainsi comme un test important pour le gouvernement, appelé à convaincre sur sa capacité à répondre aux défis qui préoccupent une grande partie de la population malgache.
