Gabon : les députés examinent deux réformes stratégiques pour les douanes et les forces de défense

Au Gabon, les députés membres de la Commission des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Défense nationale et de l’Intégration régionale se sont penchés, jeudi au Palais Léon-Mba, sur deux projets de loi présentés comme stratégiques par le gouvernement. Au cœur des débats, la modernisation du statut des agents des douanes et la création d’un atelier national dédié à la confection des uniformes des forces de défense et de sécurité.

Portés respectivement par le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, Thierry Minko, et par la ministre d’État chargée de la Défense nationale, Brigitte Onkanowa, ces textes s’inscrivent dans une volonté affichée de renforcer la souveraineté de l’État et de moderniser les outils de sécurité du pays.

Le premier projet de loi vise à ratifier une ordonnance adoptée fin 2025 afin de doter les agents des douanes d’un statut spécifique. Jusqu’à présent, ces derniers relevaient du statut général de la fonction publique malgré leurs missions de contrôle du territoire, de lutte contre la fraude et de sécurisation des échanges commerciaux.

La réforme prévoit une organisation hiérarchique structurée autour de six corps, allant des brigadiers aux inspecteurs généraux. Elle encadre également les modalités de recrutement, d’avancement et de gestion des carrières, tout en renforçant les garanties sociales et professionnelles accordées aux personnels. Le gouvernement entend ainsi rapprocher leur régime de celui des forces de défense et de sécurité.

Le second texte concerne la création d’un Atelier de confection des uniformes des forces de défense et de sécurité. Pour Brigitte Onkanowa, cette initiative répond à la nécessité de réduire la dépendance du pays vis-à-vis des fournisseurs étrangers.

Face aux parlementaires, la ministre a souligné que l’augmentation des effectifs militaires et sécuritaires avait entraîné une hausse significative des besoins en équipements, rendant indispensable la mise en place d’une capacité de production nationale.

Les députés ont toutefois souhaité obtenir des garanties sur la qualité des uniformes qui seront produits ainsi que sur la maîtrise des coûts de fonctionnement de la future structure. Des préoccupations auxquelles le gouvernement a répondu en mettant en avant les avantages économiques et stratégiques du projet.

Selon Brigitte Onkanowa, cet atelier permettra d’assurer un approvisionnement régulier des forces de défense, de renforcer l’autonomie logistique du pays et de mieux contrôler les dépenses liées à l’habillement militaire.

À l’issue des échanges, les parlementaires ont transmis le texte à la commission compétente pour finalisation, ouvrant ainsi la voie à une prochaine adoption de ce projet présenté comme un levier de souveraineté nationale et de rationalisation budgétaire.

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