ONU : Macky Sall défend sa candidature au poste de secrétaire général

À une semaine de l’ouverture officielle du processus de désignation du prochain secrétaire général des Nations unies, les six candidats en lice ont présenté, jeudi 23 juillet à New York, leur vision de l’avenir de l’organisation devant l’Assemblée générale. Seul candidat africain, l’ancien président sénégalais Macky Sall a mis en avant son expérience politique et plaidé pour une ONU plus efficace, plus transparente et davantage tournée vers la médiation.

Antonio Guterres quittera ses fonctions le 1er janvier 2027, au terme de ses deux mandats.

Au cours de cet échange retransmis par la web TV des Nations unies, les candidats ont répondu pendant 90 minutes aux questions des États membres, du personnel onusien et de représentants de la société civile.

Soutenu officiellement par le Sénégal, Macky Sall a défendu un programme axé sur la modernisation de l’organisation. Il souhaite notamment accélérer la transition numérique de l’ONU afin de mieux répondre aux défis liés à l’intelligence artificielle et rationaliser son fonctionnement.

« Il nous faut réinterroger nos méthodes de travail. Nous avons aujourd’hui 40 000 mandats actifs et plus de 27 000 réunions annuelles. L’impact doit être démontré », a-t-il déclaré.

Faire de la médiation une priorité

Interrogé sur le rôle du secrétaire général dans la prévention et la résolution des conflits, l’ancien chef de l’État sénégalais a insisté sur la nécessité d’un dialogue permanent entre les différentes parties.

Selon lui, le futur secrétaire général doit être un « facilitateur », un « lanceur d’alerte » et un médiateur capable de maintenir le contact avec tous les acteurs, y compris les membres permanents du Conseil de sécurité.

Pour illustrer cette vision, Macky Sall a évoqué son expérience à la tête de l’Union africaine au début de la guerre en Ukraine, rappelant avoir entretenu le dialogue aussi bien avec Moscou qu’avec Kiev afin de favoriser la recherche de solutions diplomatiques.

Face à la crise financière que traverse l’organisation, le candidat sénégalais a estimé que les difficultés budgétaires traduisent avant tout une crise de confiance entre les États membres et les Nations unies.

S’il est élu, il promet de renforcer la transparence en rendant les comptes de l’organisation plus accessibles et en partageant avec les États membres ses propositions de réformes budgétaires, administratives et de gestion des ressources humaines. « Le premier acte, c’est de rebâtir la confiance », a-t-il affirmé.

Réformer le financement du développement

Macky Sall a également plaidé pour une réforme de l’architecture financière internationale. Selon lui, les ressources publiques ne suffisent plus à répondre aux besoins des pays en développement, qui continuent d’emprunter à des taux bien plus élevés que les économies développées.

Il propose ainsi une concertation associant États, institutions financières internationales, agences de notation, secteur privé et société civile afin de mettre en place un système de financement plus équitable.

L’ancien président sénégalais est en compétition avec cinq autres candidats originaires d’Amérique latine et des Caraïbes. Si la désignation du secrétaire général repose traditionnellement sur un principe de rotation régionale non écrit, aucun favori ne se dégage pour l’heure. Au Sénégal, sa candidature intervient toutefois dans un contexte politique marqué par des accusations de ses successeurs concernant une dette publique qui aurait été dissimulée à la fin de son mandat.

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