Le président de la FIFA, Gianni Infantino, se retrouve au cœur d’une nouvelle polémique. Selon le quotidien britannique The Times, le dirigeant suisse aurait proposé au Maroc d’accueillir la finale de la Coupe du monde 2030 en échange d’un soutien public de la Fédération royale marocaine de football à sa candidature pour un nouveau mandat à la tête de l’instance mondiale.
Cette initiative fait suite à l’abandon du projet FIFA Forward Enterprise (FFE), qui visait à ouvrir les activités commerciales de la FIFA à des investisseurs privés. Le projet a suscité une forte opposition de nombreuses fédérations et confédérations avant d’être retiré sous la pression. Cet échec a considérablement fragilisé la position de Gianni Infantino.
Plusieurs responsables de la FIFA ont publiquement pris leurs distances avec cette réforme. Le secrétaire général Mattias Grafström a regretté une série d’événements qu’il juge préjudiciables pour l’institution. Kevin Lamour, directeur des opérations, a dénoncé un projet élaboré sans véritable concertation avec les équipes de la FIFA.
Arsène Wenger, directeur du développement du football mondial, a lui aussi affirmé avoir découvert cette initiative par voie de presse. L’ancien entraîneur d’Arsenal a estimé que son retrait était indispensable pour préserver l’indépendance de la FIFA.
Une contestation qui dépasse la FIFA
La pression s’exerce également à l’extérieur de l’organisation. Le prince Ali bin Al Hussein, président de la Fédération jordanienne de football, accuse Gianni Infantino d’avoir exercé des pressions politiques sur certaines fédérations.
L’UEFA réclame désormais un changement de gouvernance, tandis que plusieurs médias indiquent que la Fédération anglaise envisage de retirer son soutien au président de la FIFA avant l’élection de 2027.
C’est dans ce climat que serait intervenue la proposition adressée au Maroc, pays organisateur de la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal.
Le royaume ambitionne depuis plusieurs années d’accueillir la finale dans le futur stade Hassan II de Casablanca, une enceinte annoncée avec une capacité de près de 115 000 places.
L’Espagne souhaite également organiser cette rencontre, ce qui fait de ce choix l’un des principaux enjeux du tournoi.
Une stratégie qui soulève des interrogations
Si les informations révélées par The Times se confirmaient, elles alimenteraient les interrogations sur la gouvernance de la FIFA.
L’idée d’associer l’attribution d’un événement sportif majeur à un soutien politique pourrait accentuer les critiques déjà formulées contre Gianni Infantino. Une telle démarche risquerait également de raviver les tensions entre les pays coorganisateurs de la compétition.
À ce jour, la Fédération royale marocaine de football n’a confirmé ni l’existence d’un accord ni les discussions évoquées par le quotidien britannique.
Gianni Infantino, candidat à un nouveau mandat lors de l’élection prévue en 2027, continue de rechercher des soutiens au sein des 211 fédérations membres de la FIFA. Les prochains mois devraient s’avérer déterminants pour l’avenir de sa présidence.
