Le Burkina Faso veut désormais transformer davantage de coton sur son propre sol. À Bobo-Dioulasso, le président Ibrahim Traoré a inauguré, mercredi 9 septembre, le Complexe industriel textile des Forces du Burkina Faso (TEXFORCES-BF), une nouvelle unité présentée par les autorités comme un outil stratégique de souveraineté industrielle.
Installé à Logofourousso, le complexe est destiné en priorité à la confection des uniformes des Forces de défense et de sécurité ainsi que des Volontaires pour la défense de la Patrie. Sa production doit également répondre aux besoins des secteurs professionnels et des populations civiles.
Avec cet investissement, les autorités veulent rompre avec le modèle qui consiste à exporter la matière première avant de réimporter des produits textiles finis. Le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, estime que TEXFORCES-BF doit permettre de conserver davantage de valeur ajoutée dans le pays. Le complexe doit notamment contribuer à réduire les importations de textiles finis et à limiter les sorties de devises.
Dans sa configuration actuelle, l’usine peut produire jusqu’à 20 millions de mètres de tissus par an au tissage, entre 5 et 6 millions d’unités en tricotage, jusqu’à 20 millions de mètres en finition-teinture, ainsi que plusieurs millions de tenues, de tee-shirts et de paires de chaussettes.
Mais les ambitions sont nettement plus importantes. À terme, TEXFORCES-BF vise une transformation annuelle pouvant atteindre 50 000 tonnes de coton, une production de 100 millions de mètres de tissus et plus de 20 millions de pièces confectionnées.
Un financement public de 17 milliards de FCFA
Le complexe représente un investissement de 17 milliards de FCFA. Selon le ministère de l’Économie et des Finances, le projet a été financé grâce à la mobilisation de ressources détenues par des caisses de prévoyance sociale, des sociétés d’État et d’autres structures publiques. L’objectif affiché est de réorienter une partie de cette épargne vers des investissements productifs.
Le projet doit également avoir un impact sur l’emploi. Les autorités annoncent 600 emplois directs et 15 000 emplois indirects dans sa configuration actuelle. À terme, l’ambition est de porter les emplois directs à 20 000 et de soutenir quelque 60 000 emplois et moyens d’existence dans l’écosystème lié au coton.
Pour Ibrahim Traoré, TEXFORCES-BF dépasse donc la seule production textile. Le chef de l’État y voit un symbole de la volonté du Burkina Faso de maîtriser davantage ses matières premières et de réduire sa dépendance aux importations.
Après cette inauguration, les autorités annoncent déjà la mise en place d’autres unités industrielles. L’objectif est de poursuivre la transformation locale des ressources du pays et de faire de l’industrie l’un des piliers de la stratégie de souveraineté économique burkinabè.
