Le Bénin devrait poursuivre sa croissance économique au cours des deux prochaines années, malgré un léger ralentissement attendu. D’après les projections du Fonds monétaire international (FMI), le produit intérieur brut (PIB) progresserait de 7 % en 2026, après une hausse estimée à 8,1 % en 2025, puis de 6,8 % en 2027.
Ces prévisions restent supérieures à celles de l’Afrique subsaharienne, dont la croissance devrait s’établir à 4,5 % sur chacune de ces deux années.
Cette dynamique pourrait toutefois être mise à l’épreuve par plusieurs facteurs, notamment les tensions inflationnistes, les contraintes sur les finances publiques et les aléas climatiques. Autant de risques susceptibles de peser sur les perspectives économiques du pays.
Avec une croissance attendue de 4,5 % en 2026 et en 2027, l’Afrique subsaharienne affiche des perspectives moins favorables que celles du Bénin. Plusieurs pays devraient néanmoins enregistrer des performances comparables. Le Rwanda est attendu à 7,4 % en 2026 et à 7,2 % en 2027, tandis que la Guinée pourrait atteindre respectivement 7,2 % et 7,8 %. Au Niger, la croissance devrait passer de 7 % à 6,5 %.
La Côte d’Ivoire devrait progresser de 6 % en 2026 et de 6,1 % en 2027. Le Ghana afficherait une croissance de 5,7 %, puis de 5,2 %, contre 4,2 % et 4,3 % pour le Nigeria. Le Bénin conserverait ainsi une position favorable dans la région, malgré une décélération progressive de son activité.
L’inflation et la dette en ligne de mire
Ces perspectives restent toutefois exposées aux tensions internationales. Le FMI anticipe une hausse de l’inflation médiane régionale, de 3,4 % en 2025 à 4,3 % en 2026, puis à 5 % en 2027. L’augmentation des coûts de l’énergie et des produits alimentaires importés pourrait réduire le pouvoir d’achat des ménages.
Les finances publiques constituent une autre source de préoccupation. Dans la région, les intérêts de la dette absorbent environ 12 % des recettes publiques en valeur médiane. Le recul de l’aide extérieure limite également les ressources disponibles pour les investissements et les dépenses sociales. À ces contraintes s’ajoutent les risques climatiques, notamment les perturbations des précipitations susceptibles d’affecter l’agriculture et la production électrique.
Le rapport met aussi l’accent sur les effets de la politique béninoise de lissage des prix des carburants. Selon les données présentées, les variations des cours internationaux n’auraient été répercutées qu’à hauteur de 5 % sur l’essence et de 4 % sur le gazole.
Ce mécanisme protège les consommateurs, mais peut peser sur les finances publiques. Le FMI privilégie des aides ciblées vers les ménages les plus vulnérables, moins coûteuses que les dispositifs généralisés.
Pour le Bénin, le défi sera donc de préserver le pouvoir d’achat tout en maintenant les investissements productifs. La croissance attendue reste solide, mais sa pérennité dépendra de la capacité du pays à maîtriser ses dépenses, à contenir l’inflation et à résister aux chocs extérieurs.

